LE PODENCO, FUGUEUR ET CHASSEUR ?

 

 

 

 

 

Régulièrement, nous pouvons lire sur les réseaux sociaux que le podenco serait fugueur.

Ce qui ne manque pas de nous faire bondir !

Il n’y a donc pas que le podenco qui fait des bonds !!!

Fuguer, c’est quoi ?

 

Fuguer c’est partir volontairement de chez soi, c’est sauter sa clôture, son portail, profiter d’une porte ouverte pour s’enfuir.

 

 

Alors, le podenco fugue-t-il ?

 

Aucune race ne peut être définie comme fugueuse, il n’y a pas de gène de la fugue.

Il y a par contre chez certains podencos un ancrage profond de méfiance à l’égard de l’homme. La maltraitance subie et la peur de l’homme se transmettant même parfois à une portée de chiots tout juste nés.

Alors, oui, la peur peut le faire fuir. Mais c’est souvent associé à un contexte d’arrivée dans sa nouvelle vie.

Nos podencos ont été maltraitéset le contact à l’humain peut être source d’angoisse, d’anxiété.

Ils ont souvent survécu en Espagne justement car ils se montraient méfiants et ne s’approchaient pas de l’homme.

Abandonnés, ils ont du faire les poubelles des villages et en ont été chassés à coup de pierre, de pieds et souvent pire...

N’importe quel chien peut fuguer, par peur, par opportunité, par exemple pour rejoindre son maître, etc.

La race n’a rien à voir là dedans !

 

 

Que peut-on faire ?

 

Le temps d’accueil est essentiel. Ce sont souvent les premières semaines que les drames arrivent.

Il est donc indispensable de prendre du temps. Pas besoin, sauf si vous êtes en appartement, d’aller balader votre podenco en extérieur les premiers jours. Laisser lui le temps de s’acclimater à la maison et à vous.

Pour les sorties au jardin, même si vous avez 1,80 m de clôture, mettez une longe les premiers jours, cela sécurise tout le monde et vous permettra de l’observer et de repérer ses comportements: longe-t-il les murs ? Regarde-t-il en l’air pour repérer des passages ? Cherche-t-il à rentrer dans la maison s’il a peur ? Autant d’observations qui vous permettront de savoir si vous pouvez le détacher dans votre terrain rapidement ou non.

Pour la plupart des podencos, c’est une histoire de 2 jours à 15 jours maximun, donc facile à gérer !

 

Nous pouvons classer (si je puis dire !) le podenco en trois type à l’arrivée : le confiant, le craintif et le trauma.

Dans la réalité, chaque podenco est différent et ses réactions sont multiples. Donc quand on accueil un chien, on l’observe.

Le podenco confiant, à qui il faudra faire attention mais qui prendra vite ses marques et donc le mot d’ordre doit être: éducation.

Si vous adoptez un podenco craintif ou trauma, il faudra anticiper afin de ne pas le mettre en situation de trop grand stress. Il faut l’amener à progresser, mais en douceur.

Pensez qu’il est toujours difficile de récupérer un grand trauma en fuite, même s’il est là depuis quelque temps car ses vieux démons vont vite le rattraper. Même s’il vous connait, il peut ne pas revenir car trop parasité par ses peurs et son désir de fuite.

Donc, pour les balades, bien le sécuriser et passer la main dans la poignée de la laisse. Il ne faut surtout pas le mettre en situation de se débattre, une sortie de harnais est facile, donc si stress, allez vers lui, mais ne le tirez pas vers vous.

Évitez les attaches uniques au collier: déjà votre podenco à le cou long, il n’aime pas ça et ce n’est pas assez sécurisé. Le collier sert à mettre la médaille.

Évitez aussi les laisses à enrouleur, trop lourdes à tenir, glissantes et qu'on ne tient que du bout des doigts. De plus, imaginez vous en fuite avec un enrouleur qui vous court derrière ! Le chien va fuir encore plus.

Pour les chiens craintifs, n’hésitez pas à utiliser un harnais de sécurité 3 points et une double attache collier ET harnais.

Vous pouvez aussi attacher le chien à vous, par une boucle en fer par exemple.

Passés ces premiers moments qui mêlent stress et bonheur, votre podenco va prendre ses repères

 

Le podenco n’est pas fugueur, mais peut avoir peur. Là, en effet, la conséquence peut être la fuite, ce qui n’est pas vraiment une fugue.

Fuir n’est pas fuguer !

 

 

Certains podencos, arrivés depuis longtemps fuguent. Pourquoi ?

(Juste un petit rappel: les fugues concernent toutes les races confondues.

Le podenco n’est pas plus fugueur qu’un autre, il suffit de regarder Pet Alert pour s’en rendre compte)

 

Là, il faut se questionner et chercher à comprendre son chien.

Il peut s’ennuyer, manquer de stimulation ou avoir pris l’habitude de fuguer. Cela devient un jeu !

Le chien apprend par l’expérience. S’il saute une fois votre clôture, il le retentera.

L’important est donc de ne pas, dès le début, lui en laisser l’opportunité. Il nous suffit d’avoir les bons comportements dès le départ.

Éducation, lien et balades. Un chien qui sort de chez lui est moins fugueur, cela développe le lien par l’éducation et le partage.

Un podenco n’aura pas le même besoin d’activité qu’un autre podenco. À nous de repérer ses besoins et de nous adapter.

 

C’est trop facile de dire que son podenco fugue et, au passage, que c’est la race qui veut ça.

Si on ne le sort jamais ou pas assez, qu’il passe ses journée au jardin seul, sans vous, ou qu’on lui a laissé sauter les clôtures ou les murs en trouvant cela anecdotique, on doit reprendre le comportement de son chien en changeant le notre !

C’est à nous de lui montrer ce qu’il a le droit de faire ou non, à nous de le contenir et de l’éduquer. Si on ne le fait pas, il va prendre ses repères tout seul et faire ce qu’il veut.

 

Le podenco est très attentif à son environnement du fait de son instinct de chasse, il doit donc comprendre là où est la limite.

Si votre terrain est au milieu de la forêt et que Bambi et Panpan le lapin le narguent toute la journée, il trouvera une solution !

Donc là en effet sur certains terrains, hautes clôtures et surveillance, mais pas plus qu’un autre chien de chasse.

 

Donc la majorité des podencos ne fuguent pas mais ça arrive, pour plein de raisons et certainement pas plus qu’une autre race !

 

Par contre, ce que certains appellent fugue, n’est ni plus ni moins que de la chasse. Chasser n’est pas fuguer. Certains podencos manquent de rappel: en balade ils furètent et partent chasser, cela ne s’apparente pas pour autant à une fugue.

 

Et le podenco chasseur ?

 

Certains podencos ne chassent pas, mais je vous l’accorde, ils sont peu nombreux.

Un lapin passe et la majorité des podencos court. C’est là où l’éducation intervient.

Le podenco est un chasseur. Il a été éduqué et exploité pour la chasse. S’il ne chasse pas, il meurt, tué ou abandonné par son chasseur.

Donc, oui, vous adoptez un podenco, ce n’est pas un chien de berger.

Un podenco est en plus très observateur et ultra vigilant à son environnement. Il est donc très réactif aux stimuli, d’où qu’ils viennent.

Le podenco a un instinct de chasse développé et en plus il a dû survivre. Cela fait de lui un super chien, aux sens très aiguisés.

 

 

Donc, que faire ?

 

Et bien déjà ne pas le lâcher avant d’être au clair sur son comportement et de pouvoir le contrôler au maximum.

Si lapin survient, souvent votre voix ne suffira pas !

Il faut trouver des endroits loin des routes afin qu’ils puissent se balader sans risque.

 

Après, la laisse ne remplacera jamais l’éducation. JAMAIS !

Une laisse ça casse, ça se lâche alors que le lien à son chien ne se brise pas.

La meilleure manière de protéger son chien, c’est de l’éduquer.

Alors, oui, c’est long parfois, mais pas toujours.

J’ai eu des podencos qui ont été lâchés après 2 mois, d’autres après 3 ans. Il faut évaluer.

Certains podencos ne pourront jamais être détachés avant qu’ils soient très vieux.

Mais les grandes longes existent. Et il pourra aussi être très heureux.

 

Des adoptants aussi ne veulent pas les lâcher et cela se respecte. Chacun doit faire ce qui lui semble le mieux.

Il vaut mieux ne pas les lâcher si on ne se sent pas prêt, notre ressenti est important.

 

Lâcher son podenco ou pas reste une question très individuelle et il faut respecter tout le monde.

 

Quand on lâche la 1ère fois son podenco, c’est à double tranchant, comment être sûr ?

Nous devons être responsable. On ne lâche pas un podenco n’importe quand, n’importe où et n’importe comment !

Le travail en longe est essentiel mais aussi l’éducation quotidienne. Plus vous créez du lien, plus vous sollicitez votre chien, plus vous multipliez les activités avec lui et moins vous prenez de risques. Sachant que le risque 0 n’existe pas et malheureusement, même pour un chien en laisse. Vivre, c’est risqué et pour tout le monde.

On vit 15 ans avec nos chiens, on se balade, on part en vacances, on va chez les amis, on reçoit nos amis...

On ne vit pas tous dans des bunkers. Vous n’aurez pas toujours l’œil sur votre chien ou votre laisse, donc éduquez votre chien à rester près de vous. C’est la meilleure chose à faire.

 

Et je vous recommande une éducation positive mais ferme: quand on rappelle au pied, on rappelle, le chien vient jusqu’à nous ! Il ne faut pas lâcher. En balade, quand il fixe et se tend, hop, on le rappelle.

On se doit de l’observer, et de travailler avec cohérence et constance.

L’attention du podenco en extérieur virevolte: il sent, voit et peut comme tous les chiens isoler les sons. Il peut donc isoler ce qui l’intéresse. Alors patience et fermeté, mais la bête est têtue !

 

Vous pouvez aussi vous faire aider par des professionnels.

 

Maintenant, encore une fois, un podenco s’éduque aussi bien qu’un autre chien si on prend le temps.

Oui, il est souvent chasseur mais il est aussi très intelligent et curieux.

Elle a 6000 ans notre bête, c’est pas rien !

Il en a de l’expérience de vie notre podenco, mais il doit apprendre à nous faire confiance et à nous écouter. Et quand c’est fait, c’est le bonheur!

 

Merveilleux podenco qui force notre admiration, tellement sa capacité d’adaptation est grande.

On ne serait pas capable de faire un quart de ce qu’il fait !

Qui peut se faire malmener toute sa vie, dormir dans la terre, dans son urine et sa merde, ne pas manger, se faire taper dessus dès que le deux pattes arrive et se retrouver le lendemain dans une maison, être propre, ne rien abîmer, accepter les chats qu’on chassait la veille pour se nourrir, chercher les caresses et nous donner attention et affection ? Bah le podenco peut le faire ! Pas tous, mais une bonne majorité.

Alors croyez bien que j’ai un profond respect pour ces chiens et que partager ma vie avec eux est une source d’émotion quotidienne pour moi et j’espère pour eux.

 

 

Et les assos dans tout ça ?

Pourquoi certaines décrivent le podenco comme fugueur-sauteur ?

 

Le podenco chasse aux bonds. C’est à dire qu’il saute, parfois très haut, pour débusquer et faire sortir le gibier des fourrés.

C’est un chien athlétique donc physiquement, il peut sauter sans problème.

 

Mais pourquoi faire ? Quand il chasse, son objectif c’est le gibier. Mais sauter votre clôture ?

 

Il ne faut pas tout mélanger: la plupart des chiens peut sauter ou grimper, mais encore faut-il qu’ils aient le désir de le faire et le podenco est comme tous chiens, il est heureux d’avoir un adoptant, une maison et une gamelle.

C’est un chien différent par son parcours de maltraitance, mais cela s’arrête là. C’est un fabuleux compagnon qui va vous aimer et aimer sa maison.

 

On voit sur le net des photos de podencos sauter grillages et murs. Mais en cherchant, on voit aussi des photos de petits chiens le faire et des grands toutes races confondues !

Encore une fois le podenco est diabolisé. Comme si c’était une signature: le pod saute ! N’importe quoi...

 

Si les podencos étaient si fugueurs, vous croyez qu’ils resteraient auprès de leurs chasseurs qui les maltraitent ?

Ils ne sont pas toujours attachés...

Le podenco est, pour son plus grand malheur, un chien loyal et attaché à son maître.

 

 

Beaucoup d’adoptants se plaignent des conditions draconiennes pour adopter un podenco.

 

En même temps, il faut toujours penser que les associations ont la responsabilité des placements et c’est de la vie de chiens dont il est question. Donc bon, encore heureux qu’elles fassent attention.

 

Après, oui, vous avez des assos qui colportent facilement que le pod est ingérable: soit, très honnêtement, seuls les galgos comptent pour elles donc peu importe la communication sur les pods, l’essentiel étant ailleurs,  soit elles pensent que c’est vrai qu’il est ingérable par méconnaissance du chien, peu de bénévoles d’asso ayant des podencos.

Si on regarde quelque chose ou quelqu’un en se disant qu’il va y avoir problème souvent en effet le problème arrive.

Si on regarde le podenco en se disant que c’est un chien difficile, on risque de le rendre difficile. Le podenco est un chien, une bête sympa et amicale, on respire tout va bien 🙂 .

 

L’expérience et les adoptants, tous de profils différents, nous montrent que le podenco, en dehors de son côté chasseur, est un chien facile à vivre et semblable à beaucoup d’autres.

Oui il y a des podencos plus difficiles mais ce n’est pas la majorité.

Et on ne doit pas oublier leur passé ! Quand on adopte, on donne du temps à son chien, c’est pas clé en main. Le lien, la confiance et la complicité se construisent. Laissons lui le temps d’apprendre à vivre à nos cotés. Si on est pas prêt à faire cela, il ne faut pas adopter, quel que soit le chien.

 

Le pod est sacré pour nous adoptants, mais cela reste un chien, un super chien, mais un chien qu’il faut parfois savoir désacraliser.

Il y a tellement de fantasmes sur les pods. Certains le voit comme si spécial, différent, cela ne lui rend pas service non plus.

 

D’autres assos, par sécurité pour leurs chiens, pensent, en exigeant des clôtures hautes, qu’elles vont les protéger.

Cela part d’une bonne intention, sauf que, dans les faits, cela ne les protège pas vraiment. Mais quels choix ont-elles ?

L’actualité nous montre qu’il y a peu de fugues en fait. Les drames, ce sont les fuites du début d’adoption, liées à la peur et une laisse qui rompt ou qui est lâchée.

Donc bon, prévisites, suivis, conseils d’éducation sont les meilleures alliés des associations.

 

Choisissez bien votre asso et favoriser des assos qui parlent bien des podencos et qui soutiennent leurs adoptants en cas de problème.

 

Accueillez votre podenco avec confiance et mettez de coté ce que vous avez lu de négatif.

Les chiens sont des éponges et si vous êtes stressés, il le sentira et l’arrivée peut se compliquer. Ce serait dommage.

Je sais ce n’est pas facile vu ce qu’on lit mais si vous accueillez votre podenco en étant confiant, ça ira très bien et cela l’aidera à se poser.

 

Alors voilà, j’espère avoir fait le tour.

N’hésitez pas à vous rapprocher de nous si vous voulez en savoir encore davantage !

 

 

Donc la conclusion serait:

 

Futurs adoptants, rassurez-vous. Certes, le podenco ne vous collera peut-être pas aux basques en balade car il aime fureter mais avec de l’éducation, beaucoup pourront partager vos balades en étant libres et proche de vous grâce à un bon rappel.

Et pour les autres, et bien la longe !

Et pour dire vrai, certains même vous colleront aux basques.  On voit de tout !!

Chez vous, chez lui, le podenco ne tentera pas de partir, trop heureux de vous avoir enfin trouvé. Si le podenco a une qualité, c’est l’intelligence: croyez bien qu’il ne va pas fuir ce bonheur si précieux !

Prenez des précautions au départ, pensez que vous ne vous connaissez pas et que la confiance se gagne avec le temps.

Soyez serein mais vigilant !

Beaucoup d’entre vous, à l’arrivée de votre podenco, allez vous dire "tout ça pour ça ?", "tout ce foin pour pas grand chose en fait, mon podenco est arrivé et s’est adapté en une semaine", ou encore "si j’avais su, j’en aurai déjà 4 !!!"

Bienvenue au club !!! Mdr

En effet, il y beaucoup de chance que pour que ce soit le cas, car ils sont extra ces pods, extraordinaires d’adaptation.

Et pour les autres, patience, temps, amour et sérénité (ça fait un peu amour, gloire et beauté non?! 🙂 ) et votre pod deviendra le super chien que vous attendiez.

 

Rappelons-nous qu’adopter, c’est prendre un chien comme il est, le comprendre et trouver un bonheur commun.

Cela ne se fait pas sans compromis, doutes et réflexions, mais toute l’aventure est là !

 

Personnellement, ils m’accompagneront toute ma vie et, à la fin, j’adopterai des vieux croûtons de pods, comme moi !

Car ma vie à moi ne se fera jamais sans un podenco. La votre, à vous de voir… mais vous passez à côté d’une belle aventure car l’adoption, quel que soit le chien, est un beau chemin.

 

On vous aime, les pods. On vous aime, les chiens.

 

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Dernière mise à jour le 17-9-2020